Une approche de la séance · Mazerolles, Mont-de-Marsan

Corps et posture à Mont-de-Marsan : habiter son corps, pas corriger une position

La posture n'est pas qu'une affaire de dos, et ce n'est pas une position figée à tenir. C'est la façon dont votre corps se perçoit et s'organise dans l'espace, à chaque instant. Voici comment je l'aborde en consultation, ce que la science en dit vraiment, et ce que je me garde de promettre.

L'Homme de Vitruve de Léonard de Vinci : une figure inscrite dans un cercle et un carré, illustrant les proportions du corps humain

La posture, autre chose qu'un « tiens-toi droit »

On nous a appris à voir la posture comme une position correcte à maintenir : dos droit, épaules en arrière, menton rentré. Cette image est rassurante, et elle est trompeuse. Un corps vivant ne tient pas une position, il en change en permanence, il s'ajuste, il respire, il se rééquilibre sans même y penser.

La vraie question n'est donc pas « est-ce que je me tiens bien », mais « est-ce que mon corps s'ajuste librement ». C'est là que mon travail commence.

Un sens, pas une consigne

Le corps sait à chaque instant où il se trouve. C'est la proprioception, et c'est elle qui gouverne la posture, bien avant la volonté.

La posture est mouvante

La meilleure position est souvent la suivante. Un corps qui bouge et varie ses appuis se fatigue moins qu'un corps qui se force à rester droit.

Tout le corps participe

Les pieds, le bassin, les yeux, la mâchoire, la respiration : la posture se joue partout à la fois, pas seulement dans la colonne.

La proprioception, ce sens qui vous tient

Nous avons un sens dont on parle peu et qui travaille sans arrêt : la capacité de percevoir la position et le mouvement de notre propre corps, sans avoir à le regarder. Fermez les yeux et touchez votre nez : c'est lui. Des milliers de récepteurs, logés dans les muscles, les tendons et les articulations, renseignent le cerveau en continu. La vision et l'oreille interne complètent l'information.

Le contrôle de la posture repose sur l'intégration de ces trois sources. Quand elles s'accordent, l'ajustement est fluide et invisible. Quand une zone envoie une information brouillée, par une tension ou une articulation qui bouge mal, le corps compense ailleurs, et cette compensation finit parfois par se faire sentir.

Ma formation sur ce sujet

En 2016, j'ai obtenu le Diplôme Universitaire « Perception, Action et Troubles des Apprentissages » de l'Université de Bourgogne, une formation de 178 heures consacrée à la façon dont le corps perçoit, s'organise et se met en mouvement. Ce que j'en retiens pour ma pratique, c'est une compréhension approfondie de la proprioception et du lien entre perception et action, précisément ce qui se joue dans la posture.

Comment j'aborde la posture en séance

Je ne cherche pas à vous remettre dans une position idéale, parce qu'elle n'existe pas. Je cherche ce qui empêche votre corps de s'ajuster librement : une zone qui a perdu de la mobilité, une tension installée, un appui qui ne se fait plus.

Cette dernière dimension est au cœur de l'ostéopathie consciente : le corps entendu se relâche, et un corps relâché retrouve un ancrage naturel, sans avoir à se forcer.

Postures de travail et douleurs : le vrai lien

C'est la question qu'on me pose le plus, et c'est là que le raccourci fait le plus de dégâts. Ce n'est pas une position « mauvaise » tenue un instant qui déclenche une douleur. Ce qui pèse au travail, c'est la durée, la répétition et le manque de variation. Une posture, même parfaite, devient une contrainte quand on la garde des heures sans bouger.

Sur ce terrain précis, le lien est solidement établi. Les troubles musculo-squelettiques, les TMS, sont la première cause de maladie professionnelle reconnue en France. Ils ne naissent pas d'un geste isolé, mais de sollicitations répétées, de charges maintenues trop longtemps et de facteurs d'organisation du travail, dont le stress fait partie. La posture compte donc, mais pas comme un « tiens-toi droit » : comme une charge à répartir dans le temps.

Trois situations reviennent le plus souvent :

C'est exactement le sujet que je porte auprès des entreprises, dans la prévention des TMS. Et au cabinet, c'est souvent là qu'on remonte à la cause d'une douleur installée plutôt qu'à son seul symptôme.

Et pendant la grossesse

La grossesse est l'autre moment où la posture se transforme, de façon visible cette fois. Le centre de gravité se déplace au fil des mois, le bassin s'adapte, la démarche change, et le corps cherche de nouveaux équilibres. Accompagner ces ajustements, sans vouloir les corriger, aide souvent à traverser cette période plus confortablement.

Un regard honnête sur ce qui est établi

La posture est un terrain où les idées reçues sont nombreuses et tenaces. Je préfère vous dire où se situe chaque chose.

Ce qui fait consensus

La proprioception est un sens réel et mesurable, et le contrôle de la posture repose bien sur l'intégration des informations du corps, de la vision et de l'oreille interne. Autre point solide : rester mobile et varier ses positions est plus favorable que tenir une posture unique, même réputée « bonne ».

Ce qui demande de la prudence

L'idée qu'une « mauvaise posture » serait la cause directe des douleurs est plus fragile qu'on ne le croit. La recherche récente en thérapies manuelles montre que le lien entre la forme d'un dos et la douleur est faible et indirect : la douleur est multifactorielle, et il n'existe pas de posture parfaite universelle à atteindre. Se méfier, donc, de toute promesse de « corriger votre posture » pour faire disparaître un mal.

Ce que j'observe, et que je vous présente comme tel

En séance, je constate que libérer des tensions et des restrictions de mobilité aide souvent les personnes à se sentir plus à l'aise et mieux posées dans leur corps. C'est une observation clinique répétée, pas une mesure, et vous restez juge de ce que vous ressentez.

J'ajoute ceci, qui compte autant : l'absence d'étude n'est pas une preuve d'inefficacité, c'est une absence de mesure. Mon expérience de praticien n'a pas la valeur d'une étude et je ne la présente pas comme telle.

Source : E. Lederman, « The fall of the postural-structural-biomechanical model in manual and physical therapies: exemplified by lower back pain », Journal of Bodywork and Movement Therapies, 2011

Mes limites, et quand je vous adresse ailleurs

Savoir où s'arrête mon champ fait partie de mon travail. Voici les situations où quelqu'un d'autre est mieux placé que moi.

Votre médecin

Devant une douleur qui s'installe ou s'aggrave, un trouble de l'équilibre, des vertiges, ou tout symptôme neurologique. Ces signes demandent un avis médical avant tout.

Un podologue

Quand l'appui du pied est en cause et qu'une semelle adaptée peut aider. C'est leur domaine, sur prescription et bilan.

Un ophtalmologue ou un orthoptiste

Quand la vision ou son équilibre entre les deux yeux est en jeu. Le regard participe à la posture, et cette évaluation est un métier à part entière.

Un kinésithérapeute

Pour un travail de renforcement ou de rééducation sur la durée, souvent complémentaire de ce que je fais en séance.

Questions fréquentes

Existe-t-il une « bonne posture » à adopter ?

Pas une seule et universelle. La meilleure posture est souvent la suivante : un corps qui bouge et varie ses appuis se porte mieux qu'un corps qui se force à rester droit. Je vous aide à retrouver de la liberté de mouvement plutôt qu'à tenir une position idéale.

Ma « mauvaise posture » est-elle responsable de mes douleurs ?

C'est rarement aussi direct. La recherche montre que le lien entre la forme d'un dos et la douleur est faible et indirect. Une douleur a le plus souvent plusieurs causes. Je regarde donc l'ensemble, la mobilité, les tensions, le rythme de vie, plutôt qu'une seule position à blâmer.

Le travail assis abîme-t-il le dos ?

Ce n'est pas la position assise en elle-même qui pose problème, c'est de la garder trop longtemps sans bouger. L'immobilité prolongée fatigue les tissus, quelle que soit la posture. Le meilleur réflexe n'est pas de trouver la position parfaite, mais de se lever et de varier régulièrement. C'est le cœur de la prévention des troubles musculo-squelettiques au travail.

C'est quoi, la proprioception ?

C'est le sens qui vous permet de savoir où se trouve votre corps sans le regarder. Des récepteurs dans les muscles, les tendons et les articulations, complétés par la vision et l'oreille interne, renseignent le cerveau en continu. C'est ce sens qui gouverne la posture et l'équilibre.

Vous corrigez la posture avec des semelles ou des exercices oculaires ?

Non, ce n'est pas ma pratique. J'intègre la lecture de la posture et de la proprioception à ma séance d'ostéopathie, par un travail manuel et le mouvement conscient. Quand l'appui du pied ou la vision sont en cause, je vous oriente vers le podologue, l'ophtalmologue ou l'orthoptiste, qui sont les professionnels compétents.

Faut-il plusieurs séances ?

Cela dépend de votre situation, et je vous le dis honnêtement après la première. L'objectif n'est pas de vous faire revenir sans fin, mais de vous rendre votre autonomie dans votre corps.

Et si on regardait comment votre corps s'organise ?

Cabinet à Mazerolles, à 5 minutes de Mont-de-Marsan. Prise de rendez-vous en ligne, 24h/24.

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